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Prévenir le Cancer par l'alimentation

Les fruits rouges: mûre, framboise, fraise, myrtille

      L’acide ellagique est un polyphénol abondant dans les framboises et les fraises (on en trouve aussi dans les noix et les noisettes). A des doses comparables à celles de la consommation normale de framboises ou de fraises, cet acide avait déjà fait la preuve de sa capacité à ralentir considérablement la croissance des tumeurs cancéreuses chez des souris soumises à des cancérigènes agressifs.

      Testé avec la même rigueur que celle appliquée à un médicament, l’acide ellagique de la framboise s’est révélé potentiellement aussi efficace que les médicaments connus pour ralentir la croissance des vaisseaux. En effet, il était actif contre les deux mécanismes de stimulation des vaisseaux les plus courants (VEGF et PGEF) (Labrecque L, 2005 ).

      L’acide ellagique est aussi un détoxifiant pour les cellules. Il bloque la transformation de plusieurs cancérigènes de l’environnemment en substances toxiques pour la cellule ; il les empêche aussi d’agir sur l’ADN où ils peuvent faire dangereusement muter les gènes ; et enfin il stimule les mécanismes d’élimination des toxines (Labrecque L, 2005 ). Les cerises, quant à elles, contiennent de l’acide glucarique qui a la capacité de détoxifier l’organisme des xénoestrogènes présents dans l’environnement (Hanausek M, 2003). Les myrtilles possèdent des anthocyanidines et des proanthocyanidines qui sont capables de forcer les cellules cancéreuses au suicide cellulaire (apoptose) (Seeram NP, 2006).

      En laboratoire, ces molécules agissent sur plusieurs lignées cancéreuses, en particulier celle du côlon. D’autres sources extrêmement riches de proanthocyanidines sont les airelles, la cannelle et le chocolat noir.

Les épices et les herbes aromatiques

      La famille des lamiacées, qui comprend la menthe, le thym, la marjolaine, l’origan, le basilic, le romarin à une teneur très élevée en huiles essentielles de la famille des terpènes. Les terpènes sont capables d’agir sur une grande variété de tumeurs en réduisant la prolifération des cellules cancéreuses ou en provoquant leur mort.

      Un de ces terpènes, le carnosol du romarin, agit sur la capacité des cellules cancéreuses à envahir les tissus avoisinants. Incapable de se disséminer, le cancer perd de sa virulence. De plus, les chercheurs du National Cancer Institute ont démontré que l’extrait de romarin favorise la pénétration de la chimiothérapie au sein des cellules cancéreuses. En culture, il sape la résistance des cellules du cancer du sein à la chimiothérapie (Plouzek CA, 1999) (Lamy S, 2008 ). Dans les expériences de Richard Béliveau, l’apigénine (présente en quantité dans le persil et le céleri) a montré des effets exactement comparables à ceux du Glivec (médicament anti-cancer) sur la formation des vaisseaux sanguins nécessaires aux tumeurs, et cela à des concentrations extrêmements faibles, correspondant à celles que l’on observe dans le sang après la consommation de persil (fig). L’ail est une des herbes médicinales les plus anciennes (on trouve des ordonnances d’ail sur les tablettes sumériennes trois mille ans avant J.C.)

      Pendant la première guerre mondiale, il était largement utilisé dans le pansement des blessures et la prévention des infections. Puis à nouveau par les soldats russes de la Seconde guerre mondiale qui manquaient d’antibiotiques, au point qu’on l’appelait « la pénicilline russe ». Les composés soufrés de cette famille (les « alliacés ») réduisent en partie les effets cancérigènes des nitrosamines et composés N-nitroso qui se forment sur les viandes trop grillées, ou lors de la combustion du tabac. Ils induisent l’apoptose des cellules du cancer du côlon, du sein, du poumon, de la prostate, et de la leucémie. Les études épidémiologiques suggèrent une réduction des cancers du rein et de la prostate chez les personnes qui en consomment le plus.

      En outre, tous les légumes de cette famille aident à maîtriser le taux de sucre dans le sang, ce qui réduit la sécrétion d’insuline et d’IGF et donc la croissance des cellules cancéreuses. Utilisation : les molécules actives de l’ail sont libérées lors de l’écrasement de la gousse, et sont beaucoup mieux absorbées si elles sont solubilisées dans un peu d’huile. Ail et oignons hachés et revenus dans un peu d’huile d’olive, mélangés à des légumes cuits à la vapeur ou au wok, combinés avec du curry ou du curcuma. Ils peuvent aussi se consommer crus, mélangés à des salades.

Le curcuma

      Le curcuma est mentionné dans les traités médicaux de l’inde, de la chine, du Tibet et du moyen orient depuis plus de 2000 ans. Le curcuma est la principale épice du curry auquel il donne sa couleur orangée. C’est aussi un des ingrédients les plus couramment utilisés dans la médecine ayurvédique pour ses propriétés anti-inflammatoires. Aucun autre ingrédient nutritionnel n’est aussi puissamment anti-inflammatoire que la poudre jaune de cette racine. La principale molécule responsable de cet effet est la curcumine.

      En laboratoire, elle inhibe la croissance d’un très grand nombre de cancers : côlon, foie estomac , sein, ovaire, et leucémie par exemple. Elle joue aussi sur l’angiogenèse et force les cellules cancéreuses à mourir (par le processus de suicide cellulaire appelé « apoptose »). Chez la souris, la curcumine prévient l’apparition de plusieurs types de tumeurs induites par des carcinogènes chimiques (Aggarwal BB, 2007). A taiwan, des chercheurs qui ont essayé de traiter des tumeurs cancéreuses par le curcuma en gélules se sont aperçus qu’il était extrêmement mal absorbé (Cheng AL, 2001).

      Quand il n’est pas mélangé à du poivre – comme il l’a toujours été dans le curry -, le curcuma ne passe pas la barrière intestinale. Le poivre multiplie par 2000 l’absorption du curcuma par l’organisme (Shoba G, 1998). Idéalement, il doit aussi être solubilisé dans de l’huile. Utilisation : une demi-cuiller à café de poudre de curcuma mélangée à une cuiller à café d’huile d’olive, à une bonne pincée de poivre noir et à un filet de sirop d’agave. Peut être ajouté aux légumes, aux soupes et aux vinaigrettes.

Le soja

      Le soja possède des molécules phytochimiques puissamment actives contre les mécanismes nécessaires à la survie et à la progression du cancer. Il s’agit des isoflavonnes du soja, surtout la génistéine, la daidzéine et la glycitéine. On les appelle « phytoestrogènes » parceque ces molécules sont très similaires aux oestrogènes de la femme. On sait que l’abondance d’oestrogènes (naturels ou chimiques) chez les occidentales est une des principales causes de l’épidémie de cancers du sein (Wu AH, 1999 ). Les phytoestrogènes du soja sont mille fois moins actifs biologiquement que les oestrogènes naturels de la femme.

      Agissant selon le même principe que le Tamoxifène-couramment utilisé pour prévenir la rechute d’un cancer du sein, leur présence dans le sang réduit donc considérablement la surstimulation du corps par les oestrogènes, et par conséquent pourrait freiner la croissance de toutes les tumeurs oestrogènes-positives. Il faut noter toutefois que l’action protectrice du soja contre le cancer du sein n’a été démontrée de façon formelle que pour les femmes qui en consomment depuis l’adolescence. (Attention : cette action bénéfique n’est vraie que du soja consommé à des doses nutritionnelles.

      Il semble que les extraits concentrés d’isoflavones vendus sous forme de suppléments alimentaires au moment de la ménopause risquent au contraire d’activer la croissance des tumeurs). De plus, tout comme l’EGCG du thé vert, les isoflavones du soja agissent aussi en bloquant l’angiogenèse. Ils jouent donc un rôle important dans de nombreux autres cancers que ceux du sein et de la prostate. Le soja sous ses différentes formes (tofu, tempeh, miso, yaourt de soja, graines germées, etc.) est donc un constituant important d’un régime anticancer.

Le thé vert

      Le thé qui pousse dans des climats humides, contient de multiples polyphénols nommés catéchines dont l’épigallocatéchine-3-gallate ou EGCG une des molécules nutritionnelles les plus puissantes contre les mécanismes nécessaires à l’invasion des tissus et la formation de nouveaux vaisseaux par les cellules cancéreuses. L’EGCG est détruite lors de la fermentation nécessaire à la fabrication du thé noir, mais elle est présente en abondance dans le thé resté « vert » (non fermenté). L’EGCG est capable de bloquer les récepteurs qui déclenchent la création de nouveaux vaisseaux (l’angiogenèse). Les récepteurs ne peuvent alors plus répondre aux commandes que leur envoient les cellules cancéreuses (via les facteurs d’inflammation) pour envahir les tissus voisins et fabriquer les nouveaux vaisseaux nécessaires à la croissance des tumeurs.

      Richard béliveau et son équipe ont testé, dans leur laboratoire de médecine moléculaire à Montréal, les effets de l’EGCG du thé vert sur plusieurs lignées de cellules cancéreuses. Ils ont observé qu’elle ralentissait considérablement la croissance des cellules de la leucémie, du cancer du sein, de la prostate, du rein, de la peau et de la bouche. (Demeule M, 2005). Le thé vert agit aussi comme un détoxifiant de l’organisme. Il active les mécanismes du foie qui permettent d’éliminer plus rapidement les toxines cancérigènes de l’organisme. Chez la souris, il bloque même l’effet des cancérigènes chimiques responsables des tumeurs du sein, du poumon, de l’œsophage, de l’estomac ou du colôn (Demeule M, 2005). Enfin, son effet est encore plus frappant lorsqu’il est combiné à d’autres aliments comme le soja. Le laboratoire de nutrition et métabolisme de Harvard a montré chez la souris que la combinaison thé vert + soja multipliait les effets protecteurs de chacun pris séparément, et ce, autant pour les tumeurs de la prostate que pour les tumeurs du sein (Zhou JR Y. L., 2003 ) (Zhou JR Y. L., 2004). Le thé noir est fermenté.

      Ce procédé détruit en grande partie les polyphénols. Le thé Oolong est d’une fermentation intermédiaire entre le thé vert et le thé noir. Le thé vert décaféiné contient encore tous ses polyphénols. Le thé vert japonais (Sencha, Gyokuro, Matcha, etc.) est encore plus riche en EGCG que le thé vert chinois. La libération des catéchines nécessite une infusion prolongée, au moins 5 à 8 minutes, de préférence 10 minutes. Utilisation recommandée : infuser 2g de thé vert pendant 10 minutes dans une théière et consommer dans l’heure qui suit (au-delà de cette durée, les polyphénols disparaissent).

Le gingembre

      La racine de gingembre agit aussi comme un puissant anti-inflammatoire, un antioxydant (plus efficace par exemple que la vitamine E) et contre certaines cellules cancéreuses. Il contribue aussi à réduire la formation de nouveaux vaisseaux sanguins (Kikuzaki H, 1993). Une infusion de gingembre peut être utilisée pour réduire la nausée qui accompagne la chimiothérapie ou la radiothérapie. Utilisation typique : râper un morceau de gingembre dans un mélange de légumes qui cuisent dans un peu d’huile au wok ou à la poêle. Ou laisser mariner des fruits avec du jus de citron vert et du gingembre râpé.

      Laisser infuser 10 minutes une cuillère à café de gingembre rapé dans de l’eau bouillante.

Les légumes crucifères

      Les choux (de bruxelles, chinois, brocolis, choux-fleurs, etc.) contiennent du sulforaphane, des gluco-sinulates et des indole-3-carbinoles (I3C) qui sont de puissantes molécules anticancer. Le sulforaphane et les I3C ont la capacité de détoxifier certains carcinogènes. Ils empêchent l’évolution de cellules précancéreuses en tumeurs malignes. Ils agissent aussi en favorisant le suicide des cellules cancéreuses et en bloquant l’angiogenèse (Cover CM, 1999 ) (Jaga K, 2001) (Gamet-Payrastre L, 2000 ). Il faut éviter de bouillir les choux et brocolis car cela risque de détruire le sulforaphane et les I3C.

      Utilisation typique : cuisson courte à la vapeur, à l’étuvée, ou passés rapidement dans un wok avec un peu d’huile d’olive.

Les légumes et fruits riches en carotènes

      Carottes, patates douces, courges, citrouilles, potimarrons, tomates, kakis, abricots, betteraves et tous les légumes ou fruits aux couleurs vives : orange, rouge, jaune, vert. Ils possèdent de la vitamine A et du lycopène qui ont la capacité prouvée d’inhiber la progression de cellules cancéreuses de plusieurs lignées dont certaines des plus agressives. La lutéine, le lycopène, la phytoène, la canthaxanthine stimulent la multiplication des cellules du système immunitaire et augmentent leur capacité à attaquer les cellules tumorales. Ils rendent les cellules NK plus agressives. Une étude ayant suivi pendant six ans des femmes atteintes d’un cancer du sein a montré que celles qui consommaient le plus d’aliments riches en carotènes avaient une durée de vie plus longue que celles qui en consommaient moins (Ingram, 1994) .Le lycopène des tomates est associé à une augmentation de la survie dans le cancer de la prostate chez les hommes consommant au moins deux repas par semaine avec de la sauce tomate (Chan JM, 2006). Pour rendre le lycopène disponible, il faut que les tomates soient cuites (comme dans la sauce tomate) et son absorption est améliorée par les corps gras comme l’huile d’olive.

Les algues

      Plusieurs algues marines consommées couramment en Asie contiennent des molécules qui ralentissent la croissance du cancer, en particulier du sein, de la prostate, de la peau et du côlon. Le fucoïdane qu’on trouve dans le kombu et le wakamé aide à provoquer la mort des cellules par apoptose et stimule les cellules du système immunitaire, comme les cellules natural killer (Maruyama H, 2003) (Shimizu, 2005). La fucoxanthine donne leur couleur brune à certaines algues. C’est un caroténoïde (de la même famille que le lycopène de la tomate) .

      Les principales algues alimentaires sont : le nori, le kombu, le wakamé, l’aramé et la dulse. Le nori est une des très rares espèces végétales qui contiennent des acides gras oméga-3 à longues chaînes, les plus efficaces sur l’inflammation et indispensables au fonctionnement des neurones. Les algues peuvent être utilisées dans les soupes, les salades ou ajoutées à la cuisson des légumineuses comme les haricots et les lentilles (en particulier, le kombu a la réputation d’abréger le temps de cuisson des légumineuses et de les rendre plus digestes).

Les agrumes

      Oranges, mandarines, citrons, pamplemousses contiennent des flavonoïdes anti-inflammatoires. Ils stimulent aussi la détoxification des cancérigènes par le foie. Il a même été montré que les flavonoïdes de la peau des mandarines –la tangéritine et la nobilétine- pénètrent les cellules du cancer du cerveau, facilitent leur mort par apoptose, et réduisent leur potentiel d’invasion des tissus voisins. La peau des agrumes bio râpée peut être saupoudrée sur la vinaigrette, les céréales du petit déjeuner, la salade de fruits, ou encore infusée dans de l’eau chaude ou du thé. Les citrons avec leur peau peuvent être cuisinés avec la viandes , des légumes et des épices façon tajine.

Le jus de grenade

      Le jus de grenade est utilisé dans la médecine perse depuis des millénaires. Ses propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes sont désormais prouvées, ainsi que sa capacité de réduire considérablement la croissance du cancer de la prostate (entre autres) y compris de ses formes les plus agressives. Chez l’homme, la consommation quotidienne de jus de grenade diviserait par trois la vitesse de propagation de cancers établis de la prostate. (PANTUCK, 2005).

      Prendre un verre (225 ml par jour de jus de grenade, le matin au petit déjeuner.

Le vin rouge

      Le vin rouge contient de nombreux polyphénols dont le fameux resvératrol. Ces polyphénols étant extraits par fermentation, leur concentration est plus importante dans le vin que dans le jus de raisin. La conservation du vin –qui est protégé de l’oxygène- permet d’éviter leur oxydation rapide. Le resvératrol agit sur les gènes connus pour protéger les cellules saines du viellissement (sirtuines). Il a aussi la capacité de ralentir les trois étapes de la progression du cancer –initiation, promotion et progression - en bloquant l’action du NF-KappaB (Kaeberlein M, 2005) (Manna SK, 2000).

      Ces résultats sont observés avec des concentrations comparables à celles obtenues par la consommation d’un verre de vin rouge par jour (une consommation quotidienne supérieure n’est pas recommandée, car elle entraînerait selon certaines études une augmentation des cancers). Le vin de Bourgogne, où le climat est plus humide, est particulièrement riche en resvératrol.

Le chocolat noir

      Le chocolat noir (plus de 70 % de cacao) contient de nombreux antioxydants, des proanthocyanidines et beaucoup de polyphénols (un carré de chocolat en contient deux fois plus qu’un verre de vin rouge et presque autant qu’une tasse de thé vert bien infusée). Ces molécules retardent la croissance des cellules cancéreuses, et limitent l’angiogenèse. Une consommation jusqu’à 20g par jour (un cinquième de tablette) n’est pas un apport calorique excessif. La satisfaction ressentie est souvent plus forte qu’avec une confiserie ou un dessert, en même temps que la faim est coupée plus efficacement. Son index glycémique (capacité à faire monter le taux de glucose dans le sang et à induire des pics néfastes d’insuline et d’IGF) est modéré, nettement inférieur à celui de la baguette de pain blanc.

La vitamine D

      On sait aujourd’hui qu’un apport suffisant de vitamine D réduit considérablement le risque de développer plusieurs cancers différents (de plus de 75%) dans une étude de l’université de Creighton publiée en 2007, pour un apport de 1000 UI par jour de la forme 25 Hydroxyvitamine D (Lappe JM, 2007). Vingt minutes d’exposition au soleil de midi sur l’ensemble du corps apportent à elles seules orès de 8 000 à 10 000 unités (mais attention aux dangers de la surexposition). Les aliments qui contiennent le plus de vitamine D sont : l’huile de foie de morue (1360 UI dans une cuiller à soupe), le saumon (360 UI pour 100g), le maquereau (345 UI pour 100g), les sardines (270 UI pour 100g) et les anguilles (200 UI pour 100g).

      Le lait enrichi en vitamine D ne contient que 98 UI pour un verre, un œuf 25 UI, et le foie de veau 20 UI pour 100g.

Les oméga-3

      Les oméga-3 à longue chaîne présents dans les poissons gras (ou les huiles de poissons gras de bonne qualité) réduisent l’inflammation. En culture, ils retardent la croissance des cellules cancéreuses d’un large éventail de tumeurs (poumon, sein, côlon, prostate, rein, etc.). Ils agissent aussi en réduisant la dissémination des tumeurs sous forme de métastases. De nombreuses études humaines montrent que le risque de plusieurs cancers (côlon, sein, prostate, ovaire) est considérablement réduit chez les personnes qui mangent du poisson au moins deux fois par semaine. (Gago-Dominguez M, 2003) (Terry P, 2001).

      Plus les poissons sont gros (thon, mais surtout roussette ou espadon), plus ils sont hauts dans la chaîne alimentaire et plus ils sont contaminés par le mercure, les PCB et la dioxine qui abondent au fond des océans. Les meilleures sources de poissons gras sont donc les petits poissons comme les sardines (y compris les sardines en boîte, à condition qu’elles soient conservées dans l’huile d’olive et non dans l’huile de tournesol, trop riche en oméga-6), les anchois entiers ou les petits maquereaux. Le saumon est aussi une bonne source d’oméga-3 et le niveau de contamination reste encore acceptable. Les graines de lin sont riches en oméga-3 végétaux (à « courte chaîne ») et en lignanes.

      Dans une étude récente de l’université de Duke, la consommation quotidienne de 30g de graines de lin moulues ralentissait la croissance des tumeurs de la prostate de 30 à 40% . Pour consommer les oméga-3 végétaux le mieux est de moudre les graines de lin dans un moulin à café et de mélanger une cuillère à café à une banane écrasée, à un yaourt ou de saupoudrer les salades de crudités et de fruits. L’huile de lin est aussi riche en oméga-3 végétaux mais moins en lignanes mais elle s’oxyde rapidement et peut alors être nocive.

Le sélénium

      Le sélénium est un oligoélément (présent dans la terre) qu’on retrouve en abondance dans les légumes ou les céréales cultivés en agriculture biologique (l’agriculture intensive vide le sol de son sélénium, qui est désormais très rare dans les pays européens (Rayman, 2000). On le trouve aussi dans les poissons, les fruits de mer ou encore dans les abats. Le sélénium stimule l’activité des cellules immunitaires et particulièrement des cellules NK (jusqu’à plus de 80% d’augmentation d’activité selon une étude (Kiremidjian-Schumacher L, 1994). Le sélénium est aussi un stimulant de l’activité des mécanismes antioxydants de l’organisme.

Bibliographie

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